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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 07:18

Depuis le 1er janvier 2007 la Roumanie et la Bulgarie sont membres de l'Union

Européenne. Cependant la liberté de circulation et d'installation de leurs ressortissants

ne s'exerce pas encore pleinement en France car les traités d'adhésion de ces pays à

l'U.E. offrent la possibilité de déroger temporairement au droit communautaire par

l'application de mesures de restrictions au marché du travail. Les pays de l'U.E.

appliquent différemment ces mesures, allant d'aucune application restrictive à leur marché

du travail ou les limitant - telle la France à 150 métiers - à certaines qualifications

uniquement.

Cette période de transition limitative à l'accès au marché du travail, dans un premier temps de 3 ans et prolongée de 2 ans, est arrivée à échéance le 31 décembre 2011. En France par décision gouvernementale, les mesures transitoires ont  été prolongées au 31 décembre 2013.

 

Sur le territoire national, la situation des Roms  en situation précaire, qu'il est aisé de constater de visu, est constitutive d'un problème public à l'échelle locale.

 

L'actualité redondante qui la couvre en amplifie l'impact dans un environnement économique et social tendu

 

La présence de populations pauvres et marginalisées originaires de Roumanie ou de Bulgarie,

et la rapidité avec laquelle sont apparu dans l'hexagone des campements et autres

bidonvilles occupés par des Roms interpellent :

- En amont, dans les pays d'origine, Bulgarie et Roumanie, dont on peut

légitiment s'interroger sur la portée des politiques publiques qui devraient

permettre aux Roms une perspective autre que la pauvreté et la marginalisation

élevées en fatalité pour le plus grand nombre. Quand est-il des recommandations

des institutions européennes pour la protection des Roms en tant que minorité, et

qu'elle en est la traduction en matière législative et réglementaire dans les

pays concernés ? 

- En aval dans le pays hôte (en l'occurrence la France) par les difficultés à faire face

au phénomène en matière d'interventions d'urgences lorsque cela s'avère nécessaire,

et en second lieu à l'inclusion de ces populations (emploi, logement, santé,

scolarisation, …). Aux abords des campements et autres habitations de fortune,

les relations de voisinage entre "autochtones" et Roms sont fréquemment tendues,

les seconds tenus pour responsables de désordre spatial par les nombreuses

nuisances imposées aux premiers. Les pouvoirs publics et élus locaux n'étant

pas toujours en état d'imposer leur arbitrage pour faire cesser les troubles ou

apaiser le climat.

 

Au plan des actions déjà menées il conviendrait d'évaluer l'efficience des villages

roms, d'avantage encore si l'on considère que ce type de réponse, sous forme

"d'équipement ethnique", n'est peut-être pas  la meilleure transition pour l'accès à

un habitat autonome,  plus anonyme., et moins stigmatisant.

 

Concernant les aides au retour, il est confirmé par "de nombreux témoignages militants

[…] qu'en France, l'aide au retour humanitaire (ARH) qui, en principe, vise le

rapatriement durable des individus en situation précaire dans leur pays d'origine,

sert de plus en plus souvent à financer les voyages aller-retour en Roumanie.

 

Du point de vue de certains bénéficiaires, l'ARH peut ainsi s'inscrire dans une stratégie

globale de développement des mobilités entre les villes d'accueil et les régions de départ

" (cf. Etudes tsiganes n°39-40, les pouvoirs publics et la "question rom" en Europe

aujourd'hui, perspectives de recherches pour une approche comparative,  Olivier Legros). 

 

Ceci démontre assez bien la volonté d'une partie des Roms renvoyés dans leur pays

d'origine, faute d'intérêt d'y rester, de reprendre la navette pour le pays hôte quitté,

au risque du nouveau renvoi pouvant s'inscrire dans un mouvement pendulaire

à la démultiplication encore à établir.

 

Au chapitre du questionnement, qui s'il concerne des pays figurant, à leur décharge, parmi

les plus pauvres de la communauté européenne (Roumanie et Bulgarie), et dont les progrès

en matière de traitement des minorités sont encore largement à parfaire, il est tentant

de soupçonner une volonté de favoriser l'externalisation d'une part de la pauvreté et

de la délinquence au-delà des frontières …

 

 

Ne convenait-il pas, dans cette hypothèse, d'exiger préalablement à toute candidature

d'un pays exprimant la volonté d'intégrer la communauté européenne, le respect  au sein

de son territoire national des critères de non discrimination envers toutes les catégories

de sa population. Ceci au plus haut degré que l'exigent les textes juridiques existants et

avec la même rigueur que ceux retenus en matière de convergence économique.

 

Ceci obligerait le pays souhaitant partager une même communauté de destin avec les

pays membres de l'U.E. de lutter contre les discriminations de toutes natures à l'intérieur

de ses frontières pour une égalité de traitement de tous ses citoyens.

A défauts du respect de ses critères, dûment contrôlés, un refus pourrait être opposé

au pays candidat.

Les Tsiganes et Roms seraient ainsi susceptibles, en raison de cette pression extérieure,

de voir améliorées leurs conditions d'existence dont l'effet direct serait un maintien au

pays facilité.

 

La liberté fondamentale de circuler trouverait son sens plein et entier autrement motivée

que part le seul désir de fuite, pour un ailleurs incertain dans un déracinement forcé

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Published by wattrelosplouys
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